Emploi-agriculture.fr

16 448 inscrits ·

Métiers, salaires et conseils

Travailler en Suisse dans l'agriculture : permis, salaires, logement et assurances

Travailler dans une ferme en Suisse : annonce ou permis L, B, G, salaires minimaux agricoles par canton, logement, assurance maladie, frontaliers.

Des offres d'emploi vous attendent

Voir les offres

Cueillette, maraîchage, vigne, élevage laitier ou alpage : l'agriculture suisse emploie chaque année des salariés venus des pays voisins, pour une saison ou pour l'année. Avant de partir ou d'embaucher, quatre sujets demandent de l'attention : les démarches et permis, les salaires minimaux fixés par chaque canton, les retenues pour le logement et la nourriture, et l'assurance maladie, avec un régime à part pour les frontaliers. Ce guide rassemble les règles officielles en vigueur fin 2026. Pour les vendanges en particulier, voir aussi notre guide des vendanges en Suisse.

Qui peut travailler dans une ferme suisse ?

  • Citoyens de l'Union européenne et de l'AELE : ils bénéficient de la libre circulation des personnes. Avec un contrat de travail, ils ont droit à l'autorisation correspondante, ou à une simple annonce pour un emploi court.
  • Britanniques : depuis le Brexit, ils ne peuvent plus passer par la procédure d'annonce, même pour trois mois. L'employeur doit demander une autorisation de travail au canton.
  • Autres nationalités : la Suisse n'admet les travailleurs hors UE/AELE que s'ils sont qualifiés (cadres, spécialistes, diplômés expérimentés), et seulement si l'employeur prouve qu'il n'a trouvé personne en Suisse ni dans l'UE/AELE. Un poste d'ouvrier agricole ou de saisonnier n'est donc, en pratique, pas accessible. Un titre de séjour délivré par un pays de l'UE ne suffit pas pour être embauché par un employeur suisse.

Annonce ou permis : les démarches selon la durée du contrat

Pour un citoyen de l'UE/AELE, tout dépend de la durée du travail en Suisse sur l'année civile :

Durée du travail en SuisseDémarcheQui s'en occupe
3 mois au plus par année civile (90 jours de travail si l'activité est discontinue)Procédure d'annonce en ligne, au plus tard la veille du premier jour de travailL'employeur
Plus de 3 mois et moins d'un anPermis L (séjour de courte durée), valable le temps du contrat et prolongeable jusqu'à 12 mois au totalDemande au canton avant le début du travail
Un an ou plus, ou durée indéterminéePermis B (séjour), valable 5 ansDemande au canton avant le début du travail
Domicile hors de Suisse, retour au moins une fois par semaine, plus de 3 moisPermis G (frontalier)Demande au canton avant le début du travail

Trois points à retenir :

  • L'annonce n'est pas un permis : c'est l'employeur qui la fait sur le portail fédéral. Demandez-lui la confirmation avant de commencer.
  • Si la saison se prolonge au-delà de trois mois, une demande d'autorisation doit être déposée avant de dépasser la limite.
  • Les frais de l'office du travail et des autorités de migration sont en principe à la charge de l'employeur ; l'inscription à la commune et le livret pour étranger sont payés par le salarié, selon la directive salariale agricole.

Côté employeurs : la directive salariale agricole 2026 rappelle que les postes de manœuvre en cultures maraîchères et fruitières, viticulture comprise, sont soumis à l'obligation d'annoncer les postes vacants au service public de l'emploi avant de recruter. Vérifiez la liste de l'année sur travail.swiss.

Salaires minimaux agricoles par canton

Il n'existe pas de salaire minimum fédéral en Suisse. Dans l'agriculture, chaque canton fixe ses règles dans un contrat-type de travail (CTT), et quelques cantons ont en plus un salaire minimum légal avec un taux propre à l'agriculture. Voici les minimums bruts pour un employé non qualifié dans les cantons romands, d'après les textes officiels :

CantonMinimum brut, employé non qualifiéTexte de référenceDurée du travail
Genève18,07 CHF de l'heure en 2026 (18,17 CHF en 2027), soit 3 523,65 CHF par mois sur 12 moisSalaire minimum cantonal et contrat-type agricole45 h par semaine en moyenne annuelle, 50 h au plus
Vaud3 663 CHF par mois en 2026 ; 3 788 CHF avec une AFP, 4 208 CHF avec un CFCContrat-type agricole vaudois49 h 30 en moyenne annuelle (51 h 30 en élevage, 45 h en cultures de plantes en pot et de fleurs)
Neuchâtel18,15 CHF de l'heure en 2026Salaire minimum cantonal, agriculture, viticulture et horticultureSelon le contrat-type agricole
Valais15,00 CHF de l'heure, 16,90 CHF après 18 mois dans la même exploitationContrat-type agricole valaisan (état au 1er janvier 2025)48 h en moyenne annuelle, 55 h pour un contrat de 4 mois au plus, 53 h 45 pour la garde du bétail

Dans les autres cantons (Fribourg, Berne, Jura, Suisse alémanique), consultez le contrat-type cantonal, disponible auprès du canton ou de la chambre d'agriculture. La directive salariale de l'Union suisse des paysans sert de référence : pour 2026, elle indique 3 460 CHF brut par mois pour un employé temporaire, saisonnier ou sans expérience, repas et logement compris. Elle est indicative : un salaire minimum cantonal ou un contrat-type plus favorable passe toujours avant.

Autres règles utiles :

  • Heures supplémentaires : payées avec une majoration d'au moins 25 %, ou compensées par un congé de même durée si vous êtes d'accord. À Genève, les heures du dimanche, des jours fériés et de nuit sont majorées de 50 %.
  • Vacances : au moins quatre semaines par an, cinq jusqu'à 20 ans. Si vous êtes payé à l'heure, un supplément de 8,33 % du salaire (10,64 % pour cinq semaines) doit apparaître sur chaque décompte.
  • Décompte mensuel : l'employeur doit remettre chaque mois un décompte complet, avec les heures supplémentaires et les retenues.

Logement et nourriture : ce qui est retenu sur le salaire

Les salaires minimaux s'entendent logement et repas compris. Quand l'employeur loge et nourrit, il retient leur valeur sur le salaire, d'après les montants fixés par l'assurance vieillesse (AVS). Les contrats-types renvoient à ces normes :

PrestationPar jourPar mois
Petit-déjeuner3,50 CHF105 CHF
Repas de midi10 CHF300 CHF
Repas du soir8 CHF240 CHF
Logement11,50 CHF345 CHF
Nourri et logé33 CHF990 CHF

Exemple à Genève : pour un mois complet au minimum, 3 523,65 CHF − 990 CHF = 2 533,65 CHF versés en espèces, avant cotisations sociales et impôt. Une prestation non fournie (repas pris ailleurs, jours de congé) ne peut pas être retenue, et l'employeur indemnise le salaire en nature non perçu pendant les congés et les vacances.

À savoir : selon la directive salariale agricole, l'employeur peut retenir jusqu'à un quart du premier salaire mensuel, à rembourser au plus tard à la fin normale du contrat.

Cotisations sociales, retraite et impôts

  • AVS, AI et APG : 5,3 % du salaire sont retenus sur votre paie (l'employeur verse la même part).
  • Assurance chômage : 1,1 % à votre charge, autant pour l'employeur.
  • Caisse de pension (LPP) : l'affiliation est obligatoire si vous êtes engagé pour plus de trois mois, avez plus de 17 ans et gagnez plus de 1 890 CHF par mois de salaire AVS en 2026.
  • Accidents : l'employeur vous assure obligatoirement contre les accidents et maladies professionnels, et contre les accidents non professionnels dès 8 heures de travail par semaine.
  • Impôt à la source : il est prélevé directement sur le salaire des travailleurs étrangers sans permis d'établissement. Les frontaliers de certains cantons font exception (voir plus bas).

Assurance maladie : la règle à connaître avant de partir

En Suisse, l'assurance maladie suit le lieu de travail : un salarié européen doit en principe s'assurer en Suisse, même pour un contrat court.

  • Contrat de 3 mois au plus (procédure d'annonce) : assurance obligatoire dès le premier jour de travail, sauf si vous avez une couverture privée équivalente pour les soins en Suisse. Sans démarche de votre part, une caisse peut vous affilier d'office, avec effet au début du contrat.
  • Permis L de plus de 3 mois : obligation dès votre annonce au contrôle des habitants, avec trois mois pour choisir une caisse. Au-delà, affiliation d'office et supplément de prime possibles, et les soins reçus entre-temps restent à votre charge.
  • Frontaliers (permis G) : obligation dès le début du contrat, mais les résidents de France, d'Allemagne, d'Autriche et d'Italie disposent d'un droit d'option pour rester assurés dans leur pays (voir plus bas).

Une demande d'exemption se fait auprès de l'autorité du canton de travail. Plusieurs contrats-types imposent aussi à l'employeur une assurance perte de gain en cas de maladie : demandez qui la paie et ce qu'elle couvre.

Frontaliers : travailler en Suisse en habitant en France

Vous êtes frontalier si vous habitez dans un pays de l'UE/AELE, travaillez en Suisse et rentrez chez vous au moins une fois par semaine.

  • Permis G : il n'y a plus de zones frontalières. Vous pouvez habiter n'importe où dans l'UE/AELE et travailler partout en Suisse. Le permis vaut 5 ans pour un contrat d'un an ou plus, sinon le temps du contrat. Jusqu'à trois mois par année civile, la procédure d'annonce suffit.
  • Assurance maladie : vous choisissez entre l'assurance suisse (LAMal) et l'assurance française. Pour rester assuré en France, remplissez le formulaire « Choix du système d'assurance-maladie », faites-le viser par votre CPAM et renvoyez-le à l'autorité du canton de travail dans les trois mois suivant le début du contrat. Un choix tacite n'est pas valable.
  • Impôts : selon l'accord franco-suisse du 11 avril 1983, si vous travaillez dans les cantons de Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel ou Jura, votre salaire est imposé en France. À Genève, il est imposé à la source en Suisse. Pour les autres cantons, renseignez-vous auprès de l'administration fiscale avant de signer.

Côté français, les candidats frontaliers viennent surtout de Haute-Savoie, de l'Ain, du Doubs et du Jura.

Avant de signer : la liste de contrôle

  • Le canton du contrat, car il fixe le salaire minimal et la durée du travail.
  • Le salaire brut horaire ou mensuel, la durée hebdomadaire et le paiement des heures supplémentaires.
  • Le montant des retenues pour le logement et les repas (au plus 33 CHF par jour au tarif AVS), le type de logement et le nombre de personnes par chambre.
  • La preuve de l'annonce ou la demande de permis faite avant votre premier jour.
  • Votre assurance maladie : affiliation suisse, couverture équivalente ou droit d'option si vous êtes frontalier.
  • Les frais de voyage : sauf accord contraire, ils restent à votre charge.

Pour trouver un poste, consultez les offres ci-dessous et écrivez directement aux exploitants par la messagerie du site, en précisant vos dates, votre expérience et votre besoin de logement.

Offres et guides liés

Questions fréquentes

Faut-il un permis pour travailler dans une ferme en Suisse ?

Pas pour un citoyen de l'Union européenne qui travaille 3 mois au plus par année civile : l'employeur fait une procédure d'annonce en ligne, au plus tard la veille du premier jour. Au-delà, il faut un permis L pour moins d'un an, un permis B pour un contrat d'un an ou plus, ou un permis G si vous êtes frontalier.

Quel est le salaire minimum d'un ouvrier agricole en Suisse ?

Il n'y a pas de minimum fédéral : chaque canton le fixe. En 2026, il est de 18,07 CHF brut de l'heure à Genève, 18,15 CHF à Neuchâtel, 3 663 CHF par mois dans le canton de Vaud et 15 CHF de l'heure en Valais (contrat-type, état 2025). La directive indicative de l'Union suisse des paysans retient 3 460 CHF par mois pour un employé sans expérience.

Combien d'heures par semaine travaille-t-on dans l'agriculture suisse ?

Nettement plus qu'en France : 45 heures en moyenne annuelle à Genève (50 heures au plus), 49 h 30 dans le canton de Vaud et 48 heures en Valais, jusqu'à 55 heures pour un contrat de 4 mois au plus. Les heures supplémentaires sont majorées d'au moins 25 % ou compensées par un congé.

Combien coûtent le logement et les repas fournis par l'employeur ?

Ils sont retenus sur le salaire selon les normes AVS : au plus 33 CHF par jour pour être nourri et logé, soit 990 CHF par mois, dont 11,50 CHF par jour pour le logement. La retenue n'est permise que si la prestation est réellement fournie.

Faut-il une assurance maladie suisse pour un emploi agricole ?

En principe oui, dès le premier jour pour un contrat de 3 mois au plus, sauf couverture privée équivalente. Avec un permis L de plus de 3 mois, vous avez trois mois pour vous affilier. Les frontaliers domiciliés en France peuvent choisir de rester assurés en France, en le demandant au canton dans les trois mois.

Où paie-t-on ses impôts quand on est frontalier dans l'agriculture suisse ?

En France si vous travaillez dans les cantons de Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel ou Jura, selon l'accord franco-suisse de 1983. À Genève, l'impôt est prélevé à la source en Suisse.

Des offres d'emploi vous attendent

Voir les offres

À lire aussi

Publier

Chargement…