Le technicien d'élevage porcin suit un portefeuille d'élevages de porcs, le plus souvent adhérents d'un groupement de producteurs ou d'une coopérative. Il analyse les résultats techniques, conseille l'éleveur sur l'alimentation, la conduite sanitaire, la biosécurité, le bien-être des animaux et les bâtiments, et fait le lien avec le vétérinaire et le fabricant d'aliment. Le poste s'adresse surtout à des profils bac+2 à bac+5 qui aiment le terrain. Pour le conseil en élevage en général, notamment bovin, voir la fiche technicien d'élevage ; pour le travail quotidien en porcherie, celle d'agent d'élevage porcin.
Technicien porc, technicien bâtiment, animateur de filière : les intitulés
| Poste | Rôle |
|---|---|
| Technicien d'élevage porcin | Suit un secteur d'élevages adhérents ou clients : visites régulières, analyse des résultats, conseil technique. |
| Technicien bâtiment porcin | Accompagne les projets de construction et de rénovation : plans, ventilation, chauffage, équipements, mise aux normes. |
| Animateur de filière porcine | Anime un groupe d'éleveurs ou une démarche de filière (cahier des charges, contrats, démarches qualité), organise réunions et formations. |
| Technico-commercial en nutrition porcine | Associe le conseil et la vente d'aliments : voir la fiche technico-commercial agricole. |
Dans les petites structures, une même personne cumule souvent le suivi technique, les bâtiments et l'animation.
Le suivi technique des élevages
- Performances. Le technicien exploite les données de gestion technique des troupeaux de truies (GTTT) et de gestion technico-économique (GTE) : porcelets sevrés par truie, pertes, croissance, indice de consommation. Il compare l'élevage à des groupes de référence et repère ce qui décroche.
- Alimentation. Plans d'alimentation par stade, suivi des consommations d'aliment et d'eau, réglage des machines à soupe ou des nourrisseurs, en lien avec le fabricant d'aliment ou la fabrication à la ferme.
- Sanitaire. Avec le vétérinaire de l'élevage : plans de vaccination, protocoles de soins, réduction de l'usage des antibiotiques, suivi des troubles digestifs ou respiratoires.
- Biosécurité. Depuis l'arrêté du 16 octobre 2018, chaque élevage de porcs doit disposer d'un plan de biosécurité et désigner un référent biosécurité formé. Le technicien aide à rédiger et à faire vivre ce plan : délimitation de la zone d'élevage, sas sanitaire, quai d'embarquement, gestion des cadavres, circuits des intervenants. Le risque de peste porcine africaine rend ce volet central.
- Bien-être animal. La directive européenne 2008/120/CE fixe les normes minimales de protection des porcs, par exemple le logement en groupe des truies pendant une partie de la gestation et l'accès à des matériaux manipulables. Le technicien vérifie la conformité et accompagne les évolutions de conduite.
- Bâtiments et ambiance. Ventilation, chauffage, température et qualité de l'air des salles, densités, conception des cases : un mauvais réglage se voit vite sur la croissance et la santé.
- Accompagnement de l'éleveur. Bilans annuels, préparation des investissements, appui à l'installation, réunions techniques de groupe.
Les employeurs
- Groupements de producteurs et organisations de producteurs porcins, coopératifs ou non, qui assurent l'appui technique de leurs adhérents. La Cooperl, coopérative porcine dont le siège est à Lamballe (Côtes-d'Armor), en fait partie.
- Coopératives polyvalentes dotées d'un pôle porc.
- Fabricants d'aliments du bétail, où le conseil accompagne la vente d'aliment ; voir aussi l'opérateur en usine d'aliments du bétail.
- Entreprises de génétique porcine, pour le suivi des élevages de sélection et de multiplication.
- Chambres d'agriculture et instituts techniques, comme l'Ifip-Institut du porc, sur des postes d'études ou de références.
Comme la production, les postes se concentrent dans l'Ouest : Bretagne d'abord, puis Pays de la Loire et Normandie.
Conditions de travail
Le technicien passe une grande partie de la semaine sur la route, avec un véhicule de service ou ses indemnités kilométriques. Chaque visite commence par le respect des règles d'entrée de l'élevage (douche ou changement de tenue, bottes dédiées), et les tournées sont organisées pour limiter les risques de transmission de maladies d'un élevage à l'autre. Le reste du temps est consacré à l'analyse des données, aux rapports et aux réunions. Le permis B est indispensable.
Formation et accès
- BTSA métiers de l'élevage : développement, production, conseil, qui remplace le BTSA productions animales depuis la rentrée 2025 : le diplôme de référence pour le conseil en élevage.
- BTSA ACS'AGRI (ex-ACSE), apprécié pour la partie gestion.
- Licence professionnelle ou certificat de spécialisation dans les métiers de l'élevage, pour se spécialiser.
- Diplôme d'ingénieur en agriculture ou en agronomie, pour les postes de technicien spécialisé, de responsable technique ou d'animateur de filière ; voir le métier d'ingénieur agronome.
Une expérience pratique en porcherie pèse beaucoup : l'éleveur écoute plus volontiers quelqu'un qui a déjà travaillé en maternité ou en engraissement. Un stage ou une alternance en groupement est une bonne porte d'entrée. Le détail des diplômes figure dans notre guide des diplômes agricoles.
Salaire
Il n'existe pas de grille propre au métier. Le salaire dépend de la convention collective de l'employeur (coopérative, groupement, fabricant d'aliments, organisme de conseil) et du statut, technicien ou cadre. Le salaire de base ne peut pas être inférieur au SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures. Véhicule de service, primes et part variable éventuelle sont à comparer d'une offre à l'autre : demandez le niveau de classement à l'embauche.
Évolution
Avec l'expérience, le technicien peut se spécialiser (bâtiment, sanitaire, nutrition, génétique), prendre la responsabilité technique d'un groupement ou d'une zone, devenir chef de service, passer au commercial ou au poste de chef de produit porc, ou s'installer comme éleveur.
Trouver un poste
Consultez les offres en élevage porcin, avicole et caprin, les offres en Bretagne et les offres en CDI, ainsi que les sites des groupements et des coopératives de l'Ouest. À l'entretien, montrez que vous savez lire un bilan GTTT ou GTE et parler biosécurité.