L'acheteur de céréales, appelé aussi commercial collecte ou négociant en grains, achète les récoltes des agriculteurs (blé, orge, maïs, colza, tournesol, protéagineux) pour le compte d'une coopérative ou d'un négoce agricole. Il participe ensuite à leur revente aux meuniers, aux malteurs, aux fabricants d'aliments du bétail ou à l'export. Il travaille entre la ferme, le silo et les marchés. Le poste est ouvert aux titulaires d'un BTSA, d'une école de commerce spécialisée ou d'un diplôme d'ingénieur agronome.
Deux facettes : l'achat à la ferme et la vente des grains
À l'achat, le commercial collecte rend visite aux agriculteurs, présente les contrats, les informe sur les marchés et enregistre leurs engagements. En coopérative, l'adhérent s'engage en général à livrer sa récolte : le travail porte surtout sur le choix des contrats et le suivi de la relation. En négoce, l'acheteur doit aussi convaincre l'agriculteur de lui vendre.
À la vente, le négociant ou trader vend les lots aux utilisateurs : meuniers, malteurs, amidonniers, fabricants d'aliments, exportateurs. Il organise la logistique avec le silo : camions, trains, péniches ou navires au départ des ports.
Dans les petites structures, la même personne fait les deux. Dans les grandes, les équipes sont séparées.
Les contrats proposés aux agriculteurs
Les organismes stockeurs proposent plusieurs façons de fixer le prix. Les plus courantes :
- Le prix ferme : prix fixé à la signature, pour une quantité et une qualité données.
- Le prix moyen : l'agriculteur reçoit un prix calculé sur l'ensemble des ventes de l'organisme pendant la campagne, souvent avec un acompte puis des compléments.
- Les contrats liés au marché à terme : le prix est fixé plus tard en référence à une échéance d'Euronext, la bourse où s'échangent notamment des contrats sur le blé meunier, le maïs et le colza, à laquelle s'ajoute un écart local.
Le prix final tient compte de la qualité mesurée au silo : humidité, poids spécifique, impuretés, protéines pour le blé. Cette fiche décrit le métier et ne constitue pas un conseil de commercialisation.
Les missions au quotidien
- Suivre les marchés : récoltes en France et dans le monde, météo, cours d'Euronext, prix rendus port ou usine.
- Conseiller et négocier avec les agriculteurs pendant les tournées, au téléphone et lors des réunions.
- Établir et suivre les contrats : saisie, livraisons au silo, qualité, paiements.
- Préparer les ventes et les expéditions avec les équipes du silo et la logistique.
- Rendre compte des volumes achetés et vendus pour que l'entreprise gère son risque de prix.
Les périodes les plus chargées sont la moisson et les mois qui suivent, quand les grains entrent au silo et que les contrats se concrétisent.
Les employeurs
- Coopératives agricoles, qui collectent les grains de leurs adhérents.
- Négoces agricoles, régionaux ou nationaux, qui achètent aux agriculteurs et leur vendent souvent aussi des intrants.
- Exportateurs et maisons de négoce international, plutôt côté vente.
- Industriels utilisateurs, meuniers ou malteurs, qui emploient des acheteurs de matières premières (voir aussi le métier d'ingénieur agronome).
Les postes se concentrent dans les plaines céréalières : Centre-Val de Loire, Hauts-de-France, Grand Est, Bassin parisien, Sud-Ouest. Le fonctionnement des coopératives est présenté dans notre article travailler en coopérative agricole.
Profil et formation
- BTSA, par exemple ACS'Agri (ex-ACSE), agronomie et cultures durables ou technico-commercial ;
- école de commerce avec une spécialisation agricole ou agroalimentaire ;
- diplôme d'ingénieur agronome ou master en économie agricole.
Les recruteurs attendent l'aisance avec les chiffres, le sens de la négociation, du sang-froid face aux variations de prix et une bonne connaissance des cultures. L'anglais est indispensable côté export. Beaucoup commencent comme agent de silo, technicien culture ou technico-commercial avant de passer à la collecte.
La vente de semences, d'engrais et de produits de protection des cultures aux agriculteurs relève d'un autre métier, celui de technico-commercial agricole. Dans certaines coopératives, un même technicien s'occupe des deux. Le commerce des animaux vivants est encore un autre métier : voir la fiche négociant en bestiaux.
Salaire
Le salaire dépend de la convention collective de l'employeur :
- en coopérative : convention collective nationale des coopératives agricoles de céréales, de meunerie, d'approvisionnement, d'alimentation du bétail et d'oléagineux (IDCC 7002) ;
- en négoce : convention collective nationale du négoce et de l'industrie des produits du sol, engrais et produits connexes (IDCC 1077).
Chacune a ses propres minima. Le fixe dépend du niveau de diplôme et de l'expérience, et certains employeurs ajoutent une part variable et un véhicule de service. Demandez le détail à l'embauche.
Évolution
Avec l'expérience, l'acheteur peut devenir responsable de la collecte d'un secteur, responsable de la commercialisation des grains, trader sur un marché export, puis directeur commercial ou directeur de site.
Trouver un poste
Consultez les offres en grande culture et les offres en CDI, ainsi que les sites carrière des coopératives et des négoces. Les recrutements sont fréquents avant la moisson et à l'automne.