L'agent de silo réceptionne les grains livrés par les agriculteurs, contrôle leur qualité, les stocke et veille à leur bonne conservation jusqu'à l'expédition. Il travaille pour une coopérative ou un négoce céréalier. Beaucoup commencent par un contrat de moisson, puis sont embauchés en CDI.
Le métier au quotidien
Pendant la collecte, les remorques se succèdent au pont-bascule. Vous enchaînez les mêmes étapes :
- Pesée à l'entrée et à la sortie de chaque remorque.
- Échantillonnage à la sonde, pour obtenir un prélèvement représentatif du chargement.
- Analyses rapides : teneur en eau (humidité), poids spécifique en kg/hl, impuretés, grains cassés, protéines pour le blé.
- Orientation du lot vers la bonne cellule selon l'espèce, la variété et la qualité.
- Manutention : pilotage des fosses de réception, élévateurs, transporteurs et nettoyeurs-séparateurs, souvent depuis un poste de commande.
À l'automne, le maïs arrive humide. Il doit être séché, en général vers 15 % d'humidité, avant d'être stocké. Vous surveillez le séchoir, les températures et les échantillons en sortie. Les journées sont longues pendant ces semaines.
Le reste de l'année, vous assurez la conservation : sondes de température, ventilation des cellules pour refroidir le grain, traitements si besoin, nettoyage. Puis vous chargez les camions, wagons ou péniches à l'expédition, et vous entretenez le matériel.
Les risques à connaître
Le silo est un site à risques. La manutention du grain produit des poussières qui peuvent former une atmosphère explosive (ATEX). L'explosion du silo de Blaye, en 1997, a fait 11 morts et a conduit à durcir la réglementation. En pratique : nettoyage des poussières, permis de feu avant toute soudure, matériel adapté aux zones ATEX.
L'autre danger majeur est l'ensevelissement. Le grain qui s'écoule peut aspirer une personne en quelques secondes. Les consignes de la MSA sont claires : ne jamais intervenir seul dans une cellule, n'y accéder que par le haut quand elle n'est pas vide, avec un harnais relié à un point fixe et une personne qui surveille, vidange arrêtée. Voir aussi la sécurité au travail agricole.
Où on l'exerce
Les employeurs sont les coopératives céréalières et les négoces agricoles, qui gèrent des silos de collecte dans les plaines céréalières : Centre-Val de Loire, Hauts-de-France, Grand Est, Bassin parisien et Sud-Ouest pour le maïs. Les besoins grimpent deux fois par an : moisson d'été (orge, colza, blé), puis récolte d'automne (maïs, tournesol). Voir travailler en coopérative agricole.
Formation et accès
Aucun diplôme spécifique n'est exigé pour un contrat de moisson. Un CAPa, un bac pro agricole ou un parcours en maintenance industrielle sont appréciés pour un CDI. Les employeurs forment aux règles de sécurité du site. Savoir conduire un chargeur ou un télescopique est un plus, avec les autorisations de conduite demandées par l'employeur.
Salaire et évolution
Les coopératives céréalières relèvent de leur propre convention collective, et les négoces de la leur : la grille de la production agricole ne s'applique pas. Le salaire de base ne peut pas être inférieur au SMIC, soit 12,31 € brut de l'heure. Pendant la collecte, les heures supplémentaires sont fréquentes ; demandez comment elles sont payées ou récupérées.
Avec de l'expérience, vous pouvez devenir chef de silo, responsable d'un groupe de sites ou technicien qualité.
Trouver un poste
Les contrats de moisson sont publiés au printemps. Consultez les offres en grande culture, les offres saisonnières et les offres en CDI.