Moisson, ensilage, récolte des fruits et légumes, conditionnement, remplacement d'un salarié absent : l'intérim agricole permet aux exploitations, aux ETA, aux coopératives et aux stations de conditionnement de trouver du renfort sans recruter eux-mêmes. Pour le candidat, c'est une façon de multiplier les missions, de découvrir plusieurs entreprises et, souvent, de décrocher un contrat durable. Ce guide explique le fonctionnement de l'intérim, ce que touche l'intérimaire, les missions proposées, les agences spécialisées et les différences avec le groupement d'employeurs et le service de remplacement.
Comment fonctionne l'intérim : trois acteurs, deux contrats
L'intérim fait intervenir trois parties :
- l'agence d'emploi (entreprise de travail temporaire), qui embauche et paie l'intérimaire ;
- l'intérimaire, qui signe avec l'agence un contrat de mission ;
- l'entreprise utilisatrice (exploitation, ETA, coopérative, station fruitière…), qui signe avec l'agence un contrat de mise à disposition et accueille l'intérimaire.
Pendant la mission, l'intérimaire a les mêmes droits que les salariés de l'entreprise utilisatrice, par exemple pour la restauration et les transports. Surtout, il doit être payé au moins autant qu'un salarié de cette entreprise à qualification et poste équivalents, primes comprises. Sur une exploitation, la référence est donc la convention collective de la production agricole : voir notre article sur le salaire d'un ouvrier agricole. Les jours fériés sont payés à l'intérimaire, sans condition d'ancienneté, si les autres salariés de l'entreprise en bénéficient.
L'agriculture peut recourir à l'intérim dans les mêmes cas que les autres secteurs : remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier comme les récoltes, et aussi remplacement d'un chef d'exploitation agricole ou de son conjoint qui participe à l'activité.
Ce que touche l'intérimaire en fin de mission
L'indemnité de fin de mission, souvent appelée prime de précarité, est égale à au moins 10 % de la rémunération totale brute de la mission, renouvellement compris. Elle est versée à la fin de chaque mission, avec le dernier salaire. Elle n'est pas due notamment si l'intérimaire est embauché en CDI par l'entreprise utilisatrice dès la fin de la mission, s'il rompt lui-même le contrat de façon anticipée, ou en cas de faute grave. Attention en agriculture : pour une mission saisonnière, elle peut aussi ne pas être due si un accord collectif étendu ou un accord d'entreprise le prévoit. Vérifiez ce point sur le contrat de mission avant de signer.
L'indemnité compensatrice de congés payés est due pour chaque mission, quelle que soit sa durée. Elle ne peut pas être inférieure à 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise.
Exemple : pour une mission payée 2 000 € brut, l'indemnité de fin de mission atteint au moins 200 €, et l'indemnité de congés payés au moins 220 € (10 % de 2 200 €).
Durée, renouvellement et enchaînement des missions
- Pour un remplacement, un accroissement d'activité, un emploi saisonnier ou le remplacement d'un chef d'exploitation, la mission dure au plus 18 mois, renouvellement compris.
- Le contrat peut être renouvelé deux fois, dans la limite de cette durée maximale.
- Entre deux missions sur le même poste, un délai de carence s'applique en principe, mais pas pour un emploi saisonnier ni pour le remplacement d'un chef d'exploitation agricole, d'un aide familial ou d'un associé d'exploitation. Les missions de récolte peuvent donc s'enchaîner.
Les missions proposées en agriculture
- Conduite d'engins : chauffeur de tracto-benne pendant la moisson ou l'ensilage, tractoriste, cariste. Voir notre fiche chauffeur agricole.
- Récolte et conditionnement : cueillette, tri, emballage en station fruitière ou légumière, conduite de ligne.
- Élevage : renfort ou remplacement d'agents d'élevage et de vachers.
- Maintenance et encadrement : technicien de maintenance, chef d'équipe de production en industrie agroalimentaire.
- Paysage et travaux publics : plusieurs agences agricoles recrutent aussi pour ces secteurs.
Les profils recherchés sont souvent ceux qui ont un permis B, une expérience de conduite d'engins ou un CACES, et une vraie disponibilité pendant les pointes de travail.
Les agences d'intérim spécialisées dans l'agriculture
Quelques réseaux se sont spécialisés sur les métiers agricoles, par exemple :
- Agri-Intérim se présente comme une agence d'emploi spécialisée dans l'agriculture, le paysage, les travaux publics, les transports et l'aquaculture, et propose des missions d'intérim, des CDD et des CDI.
- Agri Team publie des missions d'intérim dans l'agriculture, la viticulture, l'horticulture, le paysage et les travaux publics.
Des agences d'intérim généralistes proposent aussi des missions agricoles, notamment en coopérative, en station de conditionnement ou en industrie agroalimentaire. Inscrivez-vous dans plusieurs agences proches de chez vous : elles ne voient pas passer les mêmes offres.
Intérim, groupement d'employeurs, service de remplacement : les différences
| Intérim | Groupement d'employeurs | Service de remplacement | |
|---|---|---|---|
| Employeur | l'agence d'emploi | le groupement, créé par des exploitants | l'association locale de remplacement |
| Contrat | contrat de mission | souvent un CDI | contrat de travail avec le service de remplacement |
| Où l'on travaille | chez l'entreprise utilisatrice, le temps de la mission | chez plusieurs exploitations adhérentes, selon un planning | chez l'agriculteur absent (congés, maladie, naissance, formation) |
| Fin de contrat | indemnité de fin de mission et de congés payés | règles du contrat de travail | règles du contrat de travail |
| Pour le candidat | souplesse, découverte de plusieurs employeurs | stabilité et polyvalence | autonomie, missions variées en élevage |
Pour aller plus loin : notre guide du groupement d'employeurs agricole et la fiche agent de remplacement agricole. À ne pas confondre non plus avec la prestation de main-d'œuvre, où un prestataire exécute une tâche définie sous sa propre responsabilité : en dehors de l'intérim et des groupements d'employeurs, facturer une simple mise à disposition de personnel avec un bénéfice est interdit.
Conseils pour les candidats
- Inscrivez-vous tôt, avant les pointes : la fin de l'hiver pour le printemps, le début de l'été pour la moisson et l'ensilage.
- Mettez en avant vos permis et habilitations (permis B, permis remorque, CACES) et les machines que vous savez conduire.
- Lisez chaque contrat de mission : poste, taux horaire, durée, lieu, prise en charge des trajets, et la ligne sur l'indemnité de fin de mission.
- Vérifiez votre dernier bulletin : l'indemnité de fin de mission et l'indemnité de congés payés doivent y figurer.
- Pensez à la suite : une mission réussie débouche souvent sur un CDD ou un CDI. En cas d'embauche par l'entreprise utilisatrice, les missions des trois mois précédents comptent dans l'ancienneté et réduisent la période d'essai.
Conseils pour les exploitants
- Anticipez : prévenez l'agence plusieurs semaines avant le chantier, avec une description précise du poste, des machines et des horaires.
- Accueillez l'intérimaire comme un salarié : visite de l'exploitation, consignes de sécurité, présentation du matériel. Les intérimaires affectés à des postes à risques ont droit à une formation renforcée à la sécurité.
- Comparez avec les autres solutions : un groupement d'employeurs pour un besoin régulier, le service de remplacement pour vos propres absences, un CDD saisonnier ou le TESA si vous recrutez vous-même.
- Ne gardez pas l'intérimaire au-delà de la mission sans contrat : le juge pourrait requalifier la relation en CDI.
Les offres saisonnières publiées directement par les exploitants sont réunies dans les offres d'emploi saisonnier.