L'ouvrier de sucrerie fait tourner l'usine qui transforme les betteraves en sucre pendant la campagne, de septembre à janvier environ. Le travail est posté, jour et nuit, week-ends compris, car l'usine ne s'arrête pas. Beaucoup de postes sont des contrats saisonniers ouverts aux débutants, et une partie débouche sur un emploi permanent.
La campagne betteravière
Une sucrerie ne transforme les betteraves que quelques mois par an, après l'arrachage. La campagne démarre en septembre et dure environ quatre mois : Cristal Union prévoyait en moyenne 127 jours pour 2025/26, Saint Louis Sucre environ 125 jours. La durée varie chaque année selon la récolte. Pendant ce temps, l'usine tourne en continu, d'où le travail posté en 3x8 ou en 5x8 (des équipes qui se relaient pour couvrir toute la semaine).
Le reste de l'année, les équipes permanentes assurent l'entretien et les réparations : c'est l'intercampagne.
Le métier au quotidien
Selon le poste, vous intervenez à une étape de la chaîne :
- Réception : déchargement des camions, prélèvement d'échantillons pour mesurer la richesse en sucre et la tare terre.
- Lavage et coupe des betteraves en fines lanières, les cossettes.
- Diffusion : l'eau chaude extrait le sucre des cossettes, qui ressortent sous forme de pulpes destinées à l'alimentation animale.
- Épuration du jus à la chaux, puis évaporation pour le concentrer.
- Cristallisation dans les cuites, puis turbinage (centrifugation) pour séparer les cristaux.
- Séchage, conditionnement et stockage du sucre en silo.
Vous surveillez des écrans, faites des rondes, relevez des paramètres, nettoyez les postes et alertez en cas de dérive. Le bruit, la chaleur et la poussière font partie du quotidien, et les consignes de sécurité sont strictes.
Où on l'exerce
La filière compte quatre fabricants de sucre, dont les groupes coopératifs Tereos et Cristal Union, et Saint Louis Sucre. Selon le ministère de l'Agriculture, la moitié des surfaces de betteraves se trouve en Hauts-de-France et un quart dans le Grand Est. Les sucreries sont donc concentrées dans l'Aisne, la Somme, le Pas-de-Calais, le Nord, la Marne et l'Aube, avec quelques sites en Normandie. Les usines recrutent localement : habiter à proximité compte, vu les horaires.
Formation et accès
Aucun diplôme n'est exigé pour les postes saisonniers de base : l'usine forme au poste et à la sécurité. Un CAP ou un bac pro industriel (maintenance, pilotage de ligne, électrotechnique) ou le bac pro bio-industries de transformation sont appréciés, surtout pour les postes de conduite et les emplois permanents. Le CACES chariot élévateur est un plus.
Salaire
Les sucreries relèvent de la convention collective nationale des sucreries, sucreries-distilleries et raffineries de sucre (IDCC 2728), pas de celle de la production agricole. Le salaire de base ne peut pas être inférieur au SMIC, soit 12,31 € brut de l'heure. Le travail posté s'accompagne en général de primes de nuit, de dimanche et de jours fériés : demandez le détail avant de signer.
Évolution
Après plusieurs campagnes, vous pouvez devenir conducteur d'atelier (diffusion, évaporation, cristallisation), chef de quart ou technicien de maintenance, et passer en emploi permanent.
Trouver un poste
Les recrutements se font en été, avant le démarrage de septembre. Consultez les offres en transformation, les offres dans les Hauts-de-France et les offres dans le Grand Est.