Le conducteur d'arracheuse récolte les betteraves sucrières ou les pommes de terre avec des machines automotrices ou traînées. Il travaille surtout à l'automne, de septembre à décembre pour les betteraves, souvent en ETA et en longues journées. Le poste demande de l'expérience en conduite d'engins et un vrai sens du réglage, et se recrute en CDI comme en saisonnier.
Le métier au quotidien
En betterave, l'arracheuse automotrice enchaîne plusieurs opérations en un passage :
- Effeuillage et scalpage : le broyeur enlève les feuilles, les scalpeurs coupent le collet au bon niveau. Un collet trop haut ou trop bas fait perdre de la betterave ou du sucre.
- Arrachage : les socs soulèvent les racines, réglés selon la profondeur et l'état du sol.
- Nettoyage : les turbines et les rouleaux retirent la terre. Moins de terre, c'est moins de tare à la sucrerie.
- Stockage : la trémie est vidée en bout de champ sur un silo bâché ou dans une benne. Plus tard, un déterreur-chargeur reprend le tas pour charger les camions vers la sucrerie.
En pomme de terre, l'arracheuse soulève le billon, sépare tubercules, terre, mottes et pierres sur les tapis, avec souvent du personnel de tri à bord ou en bout de chaîne. La priorité est d'éviter les chocs et les blessures qui déprécient la récolte.
Le conducteur surveille en continu les écrans de la cabine, ajuste les réglages selon l'humidité et la parcelle, et fait l'entretien quotidien : graissage, contrôle des socs et des chaînes, nettoyage.
Où on l'exerce
- ETA, principaux employeurs, qui font tourner les arracheuses automotrices chez de nombreux clients pendant toute la campagne.
- CUMA et groupements d'agriculteurs propriétaires de matériel en commun.
- Grandes exploitations de betteraves ou de pommes de terre, notamment en plants et pommes de terre de consommation.
Les cultures se concentrent dans les plaines du nord et du centre : Hauts-de-France, Grand Est, Île-de-France, Normandie et Centre-Val de Loire. Les campagnes suivent le calendrier des sucreries et des usines de transformation : quand la météo est humide, les chantiers s'étirent et les journées s'allongent.
Formation et accès
- Bac pro Agroéquipement, la formation de référence.
- CS Tracteurs et machines agricoles : utilisation et maintenance pour se spécialiser.
- BTSA Génie des équipements agricoles pour évoluer vers le chef de chantier ou le technicien.
Rares sont les débutants placés directement sur une automotrice. On commence le plus souvent comme chauffeur agricole au transport des betteraves, puis au déterreur-chargeur, avant de prendre l'arracheuse. Pour les règles de conduite sur route, lisez permis tracteur : l'âge minimum passe à 18 ans pour une automotrice de plus de 2,50 mètres de large.
Salaire
Dans les exploitations et les CUMA, la convention collective de la production agricole et des CUMA s'applique. Un conducteur d'arracheuse autonome, qui règle sa machine, se situe dans les paliers supérieurs des ouvriers qualifiés : 13,37 € brut de l'heure au palier 5, 13,99 € au palier 6 et 14,79 € au palier 7 (avenant n° 11). Les ETA appliquent une autre convention, celle des entreprises de travaux et services agricoles, ruraux et forestiers (ETARF). Les heures supplémentaires de campagne pèsent lourd : faites préciser leur paiement.
Évolution
Après quelques campagnes, vous pouvez devenir chef de chantier, responsable du parc matériel en ETA, mécanicien agricole ou démonstrateur chez un constructeur.
Trouver un poste
Consultez les offres en grandes cultures et les offres en agroéquipement. Les ETA recrutent dès l'été pour la campagne d'automne : précisez sur votre CV agricole les machines et marques que vous avez conduites.