L'ouvrier de scierie transforme les troncs d'arbres, les grumes, en planches, poutres et bois de charpente. Il trie, scie, déligne, sèche et rabote le bois, souvent aux commandes de machines automatisées. On entre dans le métier avec un CAP conducteur-opérateur de scierie ou sans diplôme, formé sur place.
Le métier au quotidien
La scierie fait la première transformation du bois. Les postes s'enchaînent du parc à grumes au quai d'expédition.
- Parc à grumes : réception des camions, contrôle des essences et des diamètres, tri, tronçonnage, écorçage. Le travail se fait souvent au chargeur ou au chariot élévateur.
- Sciage de tête : le conducteur de scie, ou scieur, pilote la scie à ruban ou la ligne canter depuis une cabine. Il choisit le plan de coupe pour tirer le meilleur rendement de chaque grume.
- Délignage et éboutage : mise à largeur et à longueur des planches, élimination des défauts.
- Triage et empilage : classement par qualité, mise en paquets avec des baguettes pour la ventilation.
- Séchage : chargement des séchoirs, suivi de l'humidité du bois.
- Rabotage et traitement : passage à la raboteuse ou à la moulurière, traitement de préservation.
- Affûtage et entretien : l'affûteur prépare les lames de scie, les équipes assurent la maintenance de premier niveau.
- Logistique : le cariste charge les paquets et prépare les expéditions.
Sécurité : machines et bruit
Les lames, les convoyeurs et les engins font de la scierie un milieu à risque. Les machines doivent rester carénées et consignées pendant les interventions. Le bruit est permanent : au-delà de 80 dB(A) d'exposition, l'employeur doit fournir des protections auditives, et au-delà de 85 dB(A) il doit veiller à ce qu'elles soient portées. Chaussures de sécurité, gants et lunettes complètent l'équipement. Les poussières de bois imposent aussi aspiration et masque selon les postes. Nos conseils sur la sécurité au travail s'appliquent largement.
Où on l'exerce
- Scieries industrielles de résineux, très mécanisées.
- Scieries de feuillus (chêne, hêtre), plus artisanales.
- Scieries agricoles rattachées à une exploitation forestière.
Les scieries s'installent près des forêts. Les Vosges et le Jura travaillent le sapin et l'épicéa, les Landes le pin maritime, le Limousin le douglas, l'Auvergne le sapin et le douglas. Le nombre de scieries baisse depuis des décennies, mais les unités restantes recrutent régulièrement et peinent à trouver des conducteurs.
Formation et accès
- CAP conducteur-opérateur de scierie : en deux ans après la 3e, il forme au tri des grumes, au sciage, au séchage, à l'affûtage et à la maintenance.
- Bac pro technicien de scierie : après le CAP, pour la préparation de la production et l'encadrement.
- CACES : pour les postes de cariste et de conducteur d'engins, souvent financé par l'employeur.
Beaucoup de scieries embauchent sans diplôme et forment au poste.
Salaire
La plupart des scieries appliquent la convention collective du travail mécanique du bois, des scieries, du négoce et de l'importation des bois (IDCC 158), qui a sa propre grille. Une scierie qui prolonge une exploitation forestière peut relever du régime agricole. Dans tous les cas, le salaire ne peut pas être inférieur au SMIC, 12,31 € brut de l'heure. Le travail en équipes et la qualification de scieur ou d'affûteur font progresser la paie.
Évolution et trouver un poste
Un opérateur peut devenir scieur de tête, affûteur, chef d'équipe puis responsable de production. Les annonces sont publiées avec les offres en forêt et bois, notamment dans le Grand Est et en Nouvelle-Aquitaine.